Laisser courir les gains et couper ses pertes.
Un des dictons les plus connus dans le monde de la bourse
c’est : « laisser courir les gains et couper ses
pertes ».
D'abord, c'est une évidence absolue puisque si on se
contente de positions perdantes et que chaque fois que l'on gagne, on
s'empresse de couper avec des petits gains, l'espérance
mathématique est franchement contre nous et il y a fort
à parier que cette manière de trader se termine
rapidement par de très fortes pertes.
Pourtant ce n'est pas la seule chose qui se cache derrière
ce vieux dicton.
Il est bien évident que pour gagner il faut faire des gains.
Pour gagner beaucoup il faut donc faire de gros gains.
Et pour faire de gros gains aussi évidents que cela puisse
paraître, il faut se donner la chance de faire de gros gains.
Soit cela passe par une prise de risque qui est proportionnelle
à sa taille de gain, soit cela passe par une position qui va
rapporter beaucoup. Dans des conditions de marché normal, on
ne peut observer des gains importants sur le marché que sur
des positions qui durent un certain temps.
C'est tout le problème de la gestion active puisque plus on
va passer d'ordre, plus on va avoir la tentation de garder ses
positions sur des durées assez courtes.
Tous ceux qui ont
observé attentivement des traders ou des systèmes
de trading qui gagnent beaucoup d'argent ont certainement
repéré ces phases de gain important.
Si on prend le cas de Sylvain Duport lors de sa participation au
trophée capital et de sa victoire très nette avec
des performances de plusieurs milliers de pourcent, ce qui frappe c'est
bien évidemment la faculté de Sylvain a
gardé des trades un certain temps, voire même
à les renforcer quand il est dans le bon sens pour gagner
une fortune sur une ou deux opérations. Le reste du temps,
il est ce qu'on pourrait appeler en position de chasseur, à
l'affût du prochain gros coup.
Prenons maintenant le cas de Mister robot, un système de
trading qui a fait ses preuves puisque en bientôt deux ans,
il a permis de tripler le capital investi si on se contente d'un levier
raisonnable. Là encore, l'étude attentive du
comportement de Mister robot révèle que chaque
année les gains sont concentrés sur un peu plus
de 20 opérations alors qu'il en passe plus de 300 par an. Le
reste du temps, il gagne petit et surtout il est à
l'affût pour se positionner sur cette bonne
opération qui finira par lui rapporter beaucoup d'argent.
Lorsque le marché est volatile, il est relativement facile
de trouver un certain nombre de supports qui permettent des gains
très élevés. La vitesse du
marché génère chaque jour un certain
nombre d'opportunités. Mais lorsque le marché
ralenti, lorsque la volatilité diminue, il devient beaucoup
plus difficile et beaucoup plus rare de trouver des titres qui
affichent des rendements forts en très peu de temps. C'est
la raison pour laquelle quand la volatilité diminue, les
traders se concentrent sur des segments de marché beaucoup
plus exotiques (comme le compartiment C sur la place parisienne) car
cela permet de trouver ce genre d'opportunités (mais il ne
faut jamais sous-estimer le risque associé).
Jusque-là vous vous dites certainement que cet article est
plein de bon sens mais aussi plein de banalités. Tout le
problème c'est qu'il est extrêmement difficile de
montrer à quel point il est important de capter les
mouvements les plus importants.
Pour cela j'ai vu très souvent dans les ouvrages
américains une illustration de l'indice SP500 auquel on
enlevait soit les cinq meilleures, soit les cinq pires jours de bourse
pour chaque année.
À ma connaissance, cet exercice n'a jamais
été présenté sur le
marché français et comme je pense que c'est la
meilleure façon de vous faire prendre conscience
à quel point il ne faut pas passer à
côté des gros gains, j'ai
décidé de le reproduire.
Cette étude
consiste donc à comparer trois portefeuilles dans lesquels
on aurait investi un euro il y a presque 40 ans et de voir ce que ces
portefeuilles seraient devenus aujourd'hui dans les cas suivants :
d'abord un portefeuille que l'on aurait jamais touché, c'est
la technique du Buy and Hold (j'achète et je garde).
Ensuite un portefeuille où l'on aurait manqué les
cinq séances les plus profitables de chaque année.
Et pour terminer un dernier portefeuille où l'on aurait
manqué les cinq pires séances de chaque
année.
Voici le résultat :

En bleu foncé le portefeuille Buy and Hold : un euro
investit-il le 1er janvier 1969 serait devenu aujourd'hui 22,90
€
En mauve, le portefeuille où l'on aurait manqué
chaque année les cinq séances les plus
profitables : un euro investit le 1er janvier 1969 serait devenu
aujourd'hui 10 centimes d'euro.
En rouge, le portefeuille avec lequel on aurait manqué
chaque année les cinq plus mauvais séances de
bourse : un euro investit le 1er janvier 1969 serait devenu aujourd'hui
13 000 €.
Vous avez bien lu : si on
ne fait rien on a multiplié son portefeuille par 23, si on a
réussi à éviter les cinq plus mauvais
séances on a multiplié son portefeuille par 13
000 et si j'ai raté les cinq plus gros gains, j'ai
divisé mon portefeuille par 10.
Cet exemple est volontairement caricatural pour vous montrer
à quel point les gros gains et les grosses pertes ont un
impact sur votre compte.
Dans cette démonstration il y a bien évidemment
un mécanisme financier très connu qui
exagère le résultat : c'est le principe de
capitalisation.
Si j’ais un euro et que je perds 50 %, il me reste 50
centimes. À partir de la, pour que je puisse remonter
à un euro, il va falloir que je fasse maintenant une
performance de 100 %.
C'est exactement ce qui se passe dans le cas où on rate
chaque année les cinq meilleures séances. Le
principe de capitalisation nous enfonce la tête sous l'eau et
ne nous permet jamais de revenir à niveau.
Idem dans l'autre sens, en évitant les cinq plus grosses
pertes, la différence par rapport au portefeuille normal
amplifie au fil du temps et devient monumentale après
quelques années.
Cependant il ne faut pas sous-estimer la portée de ce
phénomène.
Quand on fait du trading, il est tout à fait humain que
lorsque l'on commence à gagner de l'argent sur une position,
cela nourrit en soit le sentiment que l'on n'a pas envie de reperdre
cet argent. Cela nous donne rapidement l'envie de couper cette position
avec un gain modeste sans se demander si elle pourrait nous rapporter
beaucoup plus.
Inversement lorsque l'on commence à perdre, il est humain de
se dire que si on la conserve, il y a une part de chance importante
pour qu'on ait l'opportunité dans quelque temps de
récupérer ses pertes alors que si on coupe cette
position à perte, on sanctionne une situation et on a
l'impression que c'est contre-productif.
C'est la raison pour
laquelle il est si difficile de réussir en trading. Il faut
absolument faire l'inverse des réflexes naturels que nous
dicte notre inconscient.
Cet exercice souligne la puissance du principe de capitalisation mais
aussi l'importance de la distribution des gros gains et des grosses
pertes. Chaque année il y a 220 jours de bourse et j'ai
choisi de n'en écarter que les cinq meilleures et cinq plus
mauvais. J'aurais pu choisir d'éliminer la meilleure ou la
pire semaine, ou bien la meilleure et la pire séance de
chaque mois, les résultats auraient
été tout aussi impressionnants dans les
mêmes proportions.
Certains d'entre vous se disent certainement que l'exemple est
réellement caricatural parce que j'ai pris et
enlevé cinq séances.
Voyons donc ce qui se passe si je trace les mêmes courbes
pour les portefeuilles en enlevant que deux séances par
année:

La performance du portefeuille Buy and Hold est bien sur strictement
identique, un euro en 1969 est devenus 23 € aujourd'hui.
Pour le portefeuille où j'ai manqué les deux
meilleures séances de chaque année (en mauve) un
euro en 1969 est devenus 1,53 € aujourd'hui.
Pour le portefeuille ou si les deux plus mauvais séances que
j'ai évités (en rouge), un euro en 1969 est
devenus 450 € aujourd'hui.
Vous avez bien lu : si chaque année je rate les deux
meilleures séances,
en presque 40 ans je n'ai gagné que 50 % alors que le
marché a été multiplié par
23 (2200 %).
Plus mon trading est dynamique, plus je passe des ordres, plus je vais
être tenté de couper des gains.
Tous ceux qui sont convaincus que l'intraday ne présente que
des avantages devraient considérer cette
démonstration avec attention.
C'est une évidence pour gagner il faut couper ces pertes et
porter ses gains. J'espère que ce simple exercice vous aura
fait prendre la mesure de l'importance de ce comportement en bourse.
Plus on est dynamique et moins le marché est volatile, plus
il va être difficile de trouver des opportunités
de gros gains et ensuite de les exploiter à leurs maximums.
C'est la raison pour laquelle il est de plus en plus difficile de
gagner de l'argent sur les marchés en faisant un trading
discrétionnaire actif.
Pour moi, il ne fait aucun doute que seul un ordinateur a les
nerfs et
la patience suffisante pour traiter avec succès dans les
conditions de marché que nous traversons depuis plusieurs
mois.
Il ne reste plus qu'à trouver une bonne stratégie
de trading, c'est chose faite avec Mister robot qui capte les tendances
haussière aussi bien que baissières du
marché.
Et un outil suffisamment fiable pour pouvoir suivre facilement tous les
signaux sans avoir à rester collé à sa
machine, là encore stratégie Runner est
l’ outil révolutionnaire et déterminant
qui fait cela 24 heures sur 24 à ma place.
Il y a beaucoup d'autres informations à tirer de cet
exercice et je compléterai cet article par un autre dans
quelques jours dans lequel j’étudierai plus en
détail la répartition de ces
phénomènes.

