ETUDE sur les gaps du 30 mars :
Vous n'avez jamais entendu on va combler le gap ? - qu'en est'il vraiment.
Gap c'est le mot anglais pour trou, souvenez-vous lors de votre visite à Londres ces annonces entêtantes aux stations de métro : " Mind the gap " (attention à ne pas tomber entre la rame et le quai).
Dans notre cas, c'est un trou de cotation et je ne suis pas sur qu'on puisse tomber dedans. Pourtant l'analyse technique elle y est tombée depuis longtemps.
On a tous entendu le marché va aller là parce qu'il doit combler un gap ou alors on va baisser aujourd'hui pour combler le gap ouvert hier.
Et puis il y autant de vertus supposées : les gaps d'accélérations, les gaps de fin etc..
Aujourd'hui je vais me concentrer sur le comblement des gaps.
Si c'est une réalité alors il est facile de se positionner après un gap pour jouer le comblement et bénéficier ainsi de cet avantage pour des trades gagnants.
Tout d'abord, il y a plusieurs gaps :
le gap d'ouverture : à l'ouverture le marché ne cote pas dans la zone définit par le plus haut et le plus bas de la veille.
et le gap de clôture : la zone couverte par le plus haut et le plus bas d'aujourd'hui ne couvre pas la zone d'hier.
Quel est donc le pouvoir de prédiction de ces fameux gaps :
Pour cela je vais prendre les 10 dernières années de cotation et étudier ce qui se passe lorsqu'il y a un gap.
Je vais commencer en détail sur le Cac puis éventuellement selon l'intérêt sur des titres.
Je vais faire l'étude sur le cash même si j'aurais préféré le faire sur le future mais le roulement d'une échéance sur l'autre pose trop de problème. Je pense que cela devrait néanmoins être suffisant pour mon propos.
Tout d'abord, il faut examiner ce qui est possible de faire en trading et ce qui ne l'est pas. La solution la plus facile serait : le Cac ouvre en dehors de la zone définit par le plus haut et le plus bas d'hier et je prends position pour essayer de profiter que le marché va recouvrir cette zone.
Ensuite, il y a toutes les variantes possible et imaginable. La plus logique serait qu'après avoir constaté un gap en clôture, je trade son comblement. Dans ce cas, il faut étudier les différentes solutions de prises de position : est-ce qu'on ouvre la position à la clôture au moment de l'observation, à l'ouverture le lendemain, sur un seuil en référence par rapport au plus haut ou au plus bas d'aujourd'hui, d'hier…. Et je ne sais combien d'autres solutions.
Pour le moment je vais me contenter d'étudier la situation la plus claire : Le Cac (ou le titre) ouvre à un cours qui ne se situe pas entre le plus haut et le plus bas d'hier.
1/ Je considère tous les gaps, même ceux de quelques centimes.
| En hausse | En baisse | |
| Gap à l'ouverture | 648 (24%) | 500 (18.5%) |
| Gaps restés ouverts en clôture | 237(36.5%) | 175(35%) |
| Gap resté ouvert le lendemain | 172 (26.5%) | 121(24.2%) |
| Gap resté ouvert après 2j | 143 (22.1%) | 106 (21.2%) |
| Gap resté ouvert après 3j | 120 (18.5%) | 83 (16.6%) |
Observation : les ouvertures en gaps sont
fréquentes. Si on
additionne les hausses et les baisses on a 42% d'ouvertures en gap.
Deux tiers sont comblé et le tiers restant correspond
à 15% du nombre de barre étudier, soit presque 1
séance sur 6 clôtures en gap non
comblé.
Conclusions partielles :
Le premier problème qui apparaît c'est
qu'il reste
quand même 17% des gaps ouvert après 3 jours soit
1 occurrence sur 6. Il faudrait donc étudier ce qui se passe
si on coupe sa position au 3eme jour.
Mais avant cela je voudrais m'attarder sur le potentiel. Si chaque fois
qu'il y a un gap, je me place pour travailler le comblement du gap quel
est historiquement la moyenne de gain : à la hausse 0.47% et
à la baisse 0.54%.
C'est suffisamment encourageant pour continuer l'étude.
Je vais maintenant essayer de sortir les plus petits gaps. D'abord
parce que c'est ceux qui rapportent le moins et ensuite parce que c'est
ceux qui a priori seront comblés plus probablement (moins
l'écart est important plus il est facile de revenir couvrir
la zone de la veille).
Ca va me permettre d'augmenter mon potentiel par opération
et de voir si je parviens à maintenir le taux de comblement.
Combien de gaps disparaissent si je filtre tous les gaps
inférieurs à :
| % | Hausse | baisse | taille moyenne hausse |
baisse |
| 0.2 | 207 | 163 | 0.64 | .75 |
| 0.5 | 426 | 322 | 0.95 | 1.13 |
| 0.75 | 523 | 379 | 1.21 | 1.38 |
| 1 | 583 | 429 | 1.53 | 1.76 |
| 2 | 638 | 483 | 2.75 | 3.18 |
Ca confirme l'évidence, 2/3 des gaps sont des petits gap
inférieurs à 0.5%.
Et la taille moyenne des gaps est proche de 1% si on ne
considère que cela. C'est un objectif de trading
suffisamment intéressant pour qu'on poursuive
l'étude.
Une autre observation d'importance : 76% pour les hausses et 67% pour
les baisses des petits gaps (inf à 0.5%) sont couverts le
jour même.
Comme c'est très supérieur au taux global
ça implique que les plus gros gaps d'ouverture sont moins
comblés. J'ai l'air de vérifier une lapalissade
mais dans quelle proportion ?
A partir de maintenant j'afficherais les chiffres par couple, le
premier correspondant aux hausses et le second aux baisses. (en
pourcentage du nombre total d'occurrence)
| Gap encore ouvert à | j | j+1 | j+2 | j+3 |
| Filtre 0.2 | 47/45 | 35/32 | 29/27 | 24/21 |
| Filtre 0.5 | 61/59 | 47/43 | 38/38 | 31/29 |
| Filtre 0.75 | 66/64 | 55/45 | 42/40 | 36/33 |
| Filtre 1 | 66/75 | 52/52 | 39/46 | 31/41 |
Conclusions partielles :
Plus le gap à l'ouverture est important, moins les
chances
de le combler le jour même ou les jours qui suivent sont
importantes.
Cela commence à faire peser un risque certain sur cette
stratégie de trading car cela veut dire que c'est les gros
gaps qui ne sont pas comblés (ou votre risque est donc
maximum) alors que votre potentiel est faible puisque ceux sur lequel
vous aller réussir sont moins
rémunérateurs.
Si je ne vais pas faire l'étude aujourd'hui des autres
stratégies à bases de gap, on peut cependant
noter un détail :
C'est parmi ces gros gaps que le plus grand nombre reste ouvert. C'est
donc ceux là qu'on essaierait d'exploiter si on mettait en
place une stratégie sur les gaps non comblés. Or
on observe aussi que la proportion de gap qui sont comblés
dans les 3 jours suivants sont plus faibles, ce qui n'est pas vraiment
de bonne augure pour ce genre d'hypothèse.
Il faut donc bien évidemment faire l'inverse et ne pas
toucher aux gros gaps qui révèle des situations
dangereuses et se concentrer sur les petits.
Si on se limite aux gaps inférieurs à 0.5%, il
reste 750 occurrences dont 76% des ouvertures en hausse et 78% pour les
ouvertures en baisses seront comblés le jour même.
| à J | j+1 | j+2 | j+3 | |
| Gap qui ne sont pas comblés (en %) : | 24/22 | 16/14 | 14/12 | 12/10 |
On s'aperçoit que si le gap n'est pas comblé le
jour même, ils sont peu nombreux à être
comblés les jours suivants.
La stratégie la plus censée est donc de
clôturer sa position le jour même si le gap n'est
pas comblé.
Cela pose cependant un problème, car si le gap n'est pas
comblé et que les jours suivant n'arrange pas la situation,
cela implique que le marché s'est
éloigné de cette zone et donc avec un potentiel
de perte fort.
Il faut donc étudier ce cas. L'hypothèse de
travail la plus logique est qu'on coupe sa position en
clôture si dans la journée le gap n'a pas
été comblé.
L'objectif de cette étude était de
vérifier un certain nombre de vérité
absolue entendue à propos des gaps.
Avant d'aller éventuellement plus loin, à ce
stade de ma réflexion, je dois me livrer à une
étape indispensable dans tous processus de
décision. Est t'il possible de trader ce que je suis en
train de tester.
Dans notre cas présent pas la peine de tourner autour du
pot, si on n'envisage une action à l'ouverture du
marché la réponse est claire : c'est non.
Pour plusieurs raisons évidentes. La première
c'est qu'il est quasiment impossible d'acheter ou de vendre au cours
d'ouverture. Si on parle de titre, il s'échange un nombre
important de titre mais à un cours difficilement
détectable avant l'ouverture (le carnet bouge tout le temps
jusqu'à l'ouverture), on constate donc le gap a posteriori
et sur les produits d'indices outre le même
problème sur les produits cotés sur le Cac
(cotation assistée en continue), les produits de future ne
sont eux pas alignés avec le cours du cash dans les
premières minutes.
La seule hypothèse qu'il nous reste serait de prendre
position plus tard en séance avec un certain nombre de
condition (par exemple dépassement du plus haut de la
veille) dans le cas ou l'ouverture aurait créé un
gap et qu'il n'aurait pas encore été
comblé. Mais ces tests demandent de passer en intraday pour
valider les différents scénarii et devant le
manque d'intérêt évident de cette
technique je préfère en rester là.
Une autre solution serait de refaire des tests à partir des
gaps de clôture. Dans ce cas, l'action sur le
marché est possible puisqu'on peut plus facilement
intervenir au cours de clôture que d'ouverture. Mais devant
le plus faible nombre d'occurrence, il faudrait faire
l'étude sur un nombre beaucoup plus important de
données pour que ce soit représentatif. Des tests
rapides sur ces séries confirment la même
observation que celle de cette étude. Et puis il y a un
certain nombre d'information que l'on a déjà
à partir de cette étude qui n'est pas vraiment
prometteuse pour ces cas.
On a vu ici que si le gap d'ouverture est faible est qu'il n'est pas
comblé en clôture, ils seront peu nombreux
à être comblé dans les jours qui
suivent. Et si plus le gap est important moins il sera
comblé le jour même mais aussi les jours suivants.
Bien sur je n'ai fait l'étude qu'à 3 jours, mais
il ne serait pas très raisonnable de prendre position pour
quelques points sur une durée plus importante.
Conclusions :
Pour résumer les évidences qu'on a
vérifiées ici :
Plus le gap à l'ouverture est important moins il a de chance
d'être comblé dans les jours suivant
Si le gap est faible, il sera comblé dans la
journée et si ce n'est pas le cas il est rare qu'il soit
combler dans les jours immédiats qui suivent.
Ecrit comme ça c'est une évidence et pourtant
c'est assez éloigné des théories sur
les gaps qui circulent sur le marché.

