Comment s'adapter à la volatilité
grâce aux indicateurs MTA.
Quand on fait du trading actif sur les
marchés financiers, on rencontre deux problèmes
majeurs qui sont souvent liés :
comment fait-on pour gérer les changements de conditions de
marché et comment fait-on pour gérer les
changements de volatilité.
Dans le premier cas, il s'agit de négocier par exemple le
passage d'un marché en tendance à un
marché qui va évoluer dans un range pendant un
certain temps. Ou encore, on sait très bien qu'on ne trade
pas de la même façon dans le marché
monte et quand il baisse. Donc lors des phases de transition ou de
renversement du marché, il y a toujours une
période de flottement où il est très
difficile d'adapter son trading.
Dans le deuxième cas, le marché à un
certain nombre d'habitudes (il est de tradition qu'entre midi et 2h il
ne se passe pas grand-chose sur la place parisienne et que le
marché s'anime à partir de 14 h 30 puisque cela
correspond à la plupart des publications statistiques
américaines) mais il y a aussi des phases de
marchés très contrastés en termes de
volatilité. Parfois le marché va être
extrêmement sensible à cause d'une
actualité macro-économique chargée et
parfois le consensus paraît presque parfait et la bourse ne
bouge presque plus.
De très
nombreux éléments techniques sont communs
à ces deux situations.
En trading, le problème vient que la plupart des
réponses ont souvent beaucoup de retard par rapport
à la situation qu'elles essaient de mettre en exergue.
Prenons un exemple de base, si c'est d'utiliser un indicateur technique
pour déterminer quand le marché a de la vitesse
ou pas, cet indicateur va forcément avoir du retard par
rapport à la phase de marché qu'il essaie
d'analyser.
Si par exemple j'utilise l'indicateur ADX pour déterminer
les phases de marchés en tendance ou pas (un ADX
supérieur à 30 caractérisent un
marché en tendance), l'indicateur ne mettra en
évidence cette situation qu'une fois que le
marché aura sérieusement commencée
à monter (donc avec du retard).
Avec les indicateurs techniques classiques, il n'y a pas vraiment de
solution pour contourner ce problème. On ne peut pas
remonter le temps, on ne peut pas deviner à l'avance ce qui
n'est pas encore arrivé.
Une des solutions, c'est de raccourcir la durée de calcul
des indicateurs pour avoir un signal beaucoup plus rapide quand le
mouvement se met en marche.
L'inconvénient évident de cette
stratégie, c'est que cela va générer
un nombre assez important de faux signaux puisque si cela va nous
permettre d'être prévenu plutôt, cela va
aussi nous prévenir très souvent de situations
qui ne se transformeront pas vraiment en véritable tendance.
Alors pourquoi les
indicateurs MTA aurait-il un avantage par rapport à
l'analyse technique traditionnelle dans ce domaine ?
Cela vient de leur construction.
Si vous suivez mon travail, vous savez que chaque indicateur MTA
analyse le marché dans sa profondeur.
C'est-à-dire que là où tous les
indicateurs techniques se contentent d'analyser titre par titre, les
indicateurs MTA considèrent le marché dans son
ensemble et réfléchissent globalement en
remplaçant un indice par la totalité de ses
composants.
Alors comment ce
processus de construction peut-il amener un tel avantage aux
indicateurs MTA ?
Quand on utilise des indicateurs d'analyse technique, on ne sait pas ce
qui est en train de se dérouler sur le marché
pour que l'actif que l'on est en train d'analyser réagisse
de la sorte.
Prenons un exemple, si le CAC 40 monte de 20 points, je ne sais pas si
c'est par ce que les trois plus grosses capitalisation de la place
progressent toutes de 1 % et que le reste de la cote ne bouge pas, ou
bien l'inverse, ou encore si c'est un secteur particulier qui progresse
plus que les autres, ou bien si c'est justement l'ensemble des valeurs
du cac qui progresse du même pourcentage.
Les indicateurs MTA eux analysent le marché dans sa
profondeur.
La lecture des résultats nous permet alors
d'apprécier bien plus les raisons qui expliquent le
mouvement du marché.
Prenons toujours le même exemple : le CAC 40 monte de 20
points. Si on utilise l'indicateur des nouveaux plus hauts sur cinq
jours du MTA, et que lors de cette hausse de 20 points du CAC 40 nous
constatons que seul 20 titres sur l'ensemble des valeurs qui composent
le SBF120, font un nouveau plus haut, la signification ne sera pas du
tout la même que si au même moment nous observons
que 60 ou 80 titres parmi ceux du SBF120 font un nouveau plus haut.
Grâce à cette analyse en profondeur permanente des
indicateurs MTA, nous savons non seulement quelle direction prend le
marché (comme nous l'aurions su avec un indicateur technique
classique) mais nous savons aussi avec quelle force ce mouvement est en
train de naître sur l'ensemble du marché.
Cette solution permet aux indicateurs MTA de s'adapter aux conditions
de volatilité du marché grâce
à leurs principes de construction. C'est la garantie que
nous obtiendrons à la lecture de ces indicateurs
l'information avec le plus de précision et avec le moins de
retard possible.
Prenons un exemple caricatural qui permet de comparer des techniques de
trading à base d'indicateurs techniques classiques et en
utilisant les outils MTA.
Prenons sur le CAC 40 une période avec une tendance de fond
assez lente et des mouvements en séance très
heurtée :

J'ai choisi volontairement cette période sur l'indice car
comme vous pouvez le constater sur le graphique, il y a
énormément de mouvement en séance ou
le marché se replie à la baisse, alors que
globalement le marché progresse dans cette
période de trois semaines de 250 points.
Ce sont des conditions de marché extrêmement
difficile à négocier car les
déplacements pendant la séance se font
à l'inverse de la tendance de fond du CAC 40.
Je ne vais pas ici présenter telle ou telle technique de
trading. Mon objectif est simplement de montrer l'avantage que l'on
peut obtenir en utilisant les indicateurs MTA à partir de
signaux de trading classique. Chacun peut ensuite intégrer
ces outils dans son plan de trading personnel.
Prenons le cas d'un signal relativement simple, la cassure par le haut
ou par le bas des précédents plus hauts. Le
problème que l'on va rencontrer dans ce type de phase de
marché ou le marché progresse mais où
le comportement intraday va à l'inverse de la tendance dans
sa grande majorité, c'est que l'on va avoir de
très nombreux faux signaux.
J'ai mis en évidence sur le graphique un certain nombre
d'occurrences où le cac casse franchement les plus hauts
depuis plusieurs heures et dans certains cas plusieurs jours et se
révèle incapable de prolonger le mouvement.
C'est un signal qui a normalement très bonne
réputation sur les marchés d’indice et
qui souvent donne de très bons signaux de trading court
terme.
Sur ces trois semaines observée, il faut se rendre
à l'évidence, ce n'est certainement pas la
meilleure des stratégies à adopter.
Pour nous, c'est facile à savoir, nous avons la
totalité du graphique sous les yeux et nous savons donc que
le résultat n'est pas satisfaisant.
Mais si nous n'avions pas ce graphique, historiquement c'est un signal
qui a beaucoup de succès sur le CAC 40, comment savoir que
dans cette phase spécifique du marché (sans
connaître à l'avance ce qui va se passer par la
suite) les signaux ne sont pas aussi intéressants que les
mêmes qui dans des conditions relativement similaires de
marché nous ont rapporté de l'argent.
C'est là ou
les indicateurs MTA et leur analyse de la profondeur du
marché peuvent parfois nous éviter de tomber dans
ces pièges. Sur la même
durée je superpose donc la courbe du CAC 40 avec
l'indicateur MTA qui calcule sur le SBF120 le nombre de titres qui font
un nouveau plus haut sur les dernières 21 heures.

La première chose que l'on apprend en observant cet
indicateur MTA, c'est à quel point le marché
français se comporte différemment à
certains moments de la séance.
Par exemple, j’ai mis des petites flèches
verticales en face de chaque ouverture avec ses conséquences
sur l'indicateur.
Nous constatons ici que sur le marché français,
il n'y a un consensus évident la hausse lors de
chaque phase d'ouverture du marché. Il y a plusieurs
explications à cela. La prépondérance
de la gestion indicielle (et les ajustements de portefeuille
à l'occasion de l'ouverture) sur la place parisienne est une
des raisons principales.
Cela nous permet de confirmer qu'il faut absolument isoler le
comportement du marché à l'ouverture et faire une
analyse différente de cet instant-là par rapport
au reste de la séance.
Avec un outil d'analyse technique classique il est impossible d'enlever
la première heure de chaque séance du processus
de calcul alors que par construction des indicateurs MTA ont beaucoup
moins de mémoires latentes.
Les indicateurs MTA vont donc être d'une grande aide dans ce
cas, puisque comme nous pouvons les calculer en temps réel,
nous savons dès l'unité de temps suivante si le
marché est vraiment aussi fort et solide que ce que l'indice
CAC 40 veut bien nous montrer.
Pour tous les exemples en face desquels j'ai mis une petite
flèche verticale, le repli de l'indicateur est
extrêmement fort dès la barre suivante, cela
confirme que ces comportements sont totalement isolés et
n'ont aucune chance de se prolonger dans le temps.
Quand on travaille avec des outils faisant partie de la gamme d'analyse
technique classique, la seule information que l'on va pouvoir observer
au-delà de la première barre de cotation sur
l'indice, c'est que le marché sera
légèrement au-dessus ou en dessous de son niveau
d'ouverture mais rien d'autre. Aucune notion de puissance, ou
plutôt d'absence de puissance ce qui confirmerait la
présence d'un faux signal que nous n'aurions pas pu deviner
autrement.
L'exemple le plus caricatural, c'est celui que j'ai mis à
l'intérieur d'un cercle ou le CAC 40 ouvre en hausse avec un
nouveau record ce qui permet à plus de 45 titres de faire
à nouveau plus haut sur 21 heures (l'indicateur MTA en bleu)
et dès leur suivante moins de 10 titres sont capables de
poursuivre leur progression ce qui est vraiment dérisoire
dans ce type de situation.
Alors comment
interpréter les indicateurs MTA pour faire la
différence entre de véritables
accélérations sur le marché et des
faux signaux ?

La première chose à retenir, c'est que lorsqu'un
mouvement est trop fort (dans ce cas l'indicateur MTA montre un nombre
important de titre en progression) le marché
s'étouffe et a beaucoup de mal à prolonger son
mouvement.
Chaque situation où l'indicateur va dépasser 35
ou 40 titres qui font un nouveau plus haut en même temps,
nous aurons donc une situation de marché totalement
suracheté avec une probabilité très
forte de consolidation plutôt que d’un mouvement
qui risque de se pérenniser.
C'est donc un premier signal de trading (en contre tendance) qui a un
taux de succès très important que l'analyse
classique aurait du mal à mettre en évidence.
Mais nul doute que les signaux les plus intéressants sont
ceux qui nous permettent de travailler le marché en tendance.
Dans ce cas, rien de tel que de repérer une cassure par le
haut du marché accompagné par un nombre
relativement modeste de valeur qui font la même chose. Cela
montre une force assez importante du marché et un
réservoir très important de titre qui pourrait
venir soutenir la tendance.
C’est ces configurations là que j'ai
grisé sur le graphique.
Conclusion :
Les indicateurs MTA nous permettent directement
grâce à leur lecture de
s'adapter aux conditions de volatilité et à la
pression réelle du
marché en considérant l'ensemble des valeurs.
Ces informations
vont nous permettre de trouver des signaux qui mettent en
évidence la
saturation du marché et d'autres qui nous permettent
d'envisager une
poursuite du mouvement. Cela nous permet de travailler à
partir du même
indicateur des situations de tendance et de contre tendance.
C'est
un vrai luxe en trading quand on sait que les fortes
accélérations sont
les ennemis de ceux qui travaillent à contre tendance et que
réciproquement les faux signaux font perdre beaucoup
d'argent à ceux
qui essaient d'accompagner la tendance du marché.

