ETUDE publiée le 8 mars
Sur l'historique du Cac combien de jour sépare le nombre de séance en hausse et en baisse ? - probablement beaucoup moins que ce que vous pensez
Vous savez que le marché est noyé dans
un
océan de bruit statistique et que le hasard est
très présent. Pour le montrer, j'utilise
très souvent un graphique qui compare le Cac avec la
différence entre le nombre de jour en hausse et le nombre de
jour en baisse.

En bleu la courbe du Cac depuis 1987 (avènement du
système de cotation informatisé CAC) et en mauve
la différence cumulée du nombre de
clôture en hausse moins le nombre de clôture en
baisse.
Depuis 20 ans, soit presque 4700 jours de cotation, il y a un
écart de 147 jours entre le nombre total de hausses et de
baisses (ça veut dire qu'il y a 2424 jours ou le Cac a finit
en hausse et 2276 jours ou le Cac a fini en baisse).
C'est donc beaucoup de hasard, beaucoup de bruit et un tout petit peu
qui est déterminé.
En deuxième lecture, ce qui est toujours étonnant
c'est de voir avec quelle régularité cet
écart suit la courbe du Cac. Quand le Cac monte,
l'écart grandit et réciproquement mais ce qui est
remarquable, c'est qu'il grandit avec la même vitesse que le
Cac.
Dans ce cas, il n'y a aucun doute que l'écart est
la
conséquence des mouvements du Cac et qu'il serait totalement
illusoire de faire des projections à partir de
l'étude de cet écart.
Pour ramener ce chiffre à une unité plus facile
à assimiler on peut dire que sur la période de
presque 20 ans, cet écart représente 3.1% soit
0.65 jours par mois d'écart à la hausse et tout
le reste du temps il y a autant de hausse que de baisse.
Je n'avais jamais eu la curiosité de faire la
même
observation en intraday. Tout simplement parce qu'il est
évident qu'il n'y a pas de conclusions
intéressantes pour développer un avantage sur le
marché en daily et je n'avais donc pas poussé
l'étude plus loin.
Or depuis le 8 mars date du plus bas du mouvement récent le
Cac en heure par heure enchaîne les hausses avec autant
d'entêtement qu'en cours de clôture (10
consécutives sur le SBF120).
Une semaine compte 45 barres d'une heure. La semaine
dernière 16 barres ont été
baissières; cette semaine c'est à nouveau 16
barres qui ont été baissières, soit
seulement 35%.
Au vu de la présence habituelle du hasard dans le
marché, ce déséquilibre me parait
très important. J'ai donc décidé de
faire une observation sur une durée beaucoup plus longue.
J'ai pris les 2 dernières années pour rester dans
des conditions de marché haussier ce qui
représente 4600 barres.

Et bien sans surprise, la progression de l'écart
suit celle
du Cac avec moins de régularité qu'en daily
cependant. Cet écart sur le nombre total de barre est de
3.2%, soit 150 heures. Ramené à
l'échelle de la semaine, cela veut dire que
l'écart entre le nombre d'heures en hausse et en baisse est
en moyenne de 1 heure et demi. Autant dire que l'écart
actuel de 13 heures ces 2 dernières semaines est tout
à fait exceptionnel.
Mais si on observe la courbe plus que cet écart, c'est la
vitesse d'augmentation de cet écart qui est exceptionnelle.
On peut l'observer une autre fois sur les 2 dernières
années et c'était en avril 2005. (point 1 sur le
graphe). Je ne me risquerais certainement pas à tirer une
conclusion d'une observation unique.
L'étape suivante était de
procéder de
même en barre 15 minutes pour observer la même
chose dans les mêmes proportions : toujours 3%
d'écart au total.
On peut voir sur ce graphe que la situation exceptionnelle mi avril
2005 a disparu sur cette unité de temps et que la situation
actuelle n'est pas plus remarquable. Ce qui confirme que cette
caractéristique est plus probablement du au hasard
qu'à un vrai biais dont on pourrait faire une
interprétation.

L'étude ne serait pas complète sans
jeter un coup
d'œil sur les valeurs.
La petite différence dans cette étude est que si
dans le cas des indices les clôtures consécutives
identiques sont rares, elles sont beaucoup plus fréquentes
sur les titres.
Arbitrairement pour ne pas créer un décalage d'un
camp par rapport à l'autre j'ai décidé
de les ignorer et de ne faire la différence qu'entre les
séances haussières et baissières.
Commençons pour l'observation de France Telecom en heure par
heure.

Comme pour le Cac, l'écart suit la courbe de prix
et reste
la conséquence des variations. Il n'y a rien à en
tirer.
Avec un profil identique observons Alcatel :

La corrélation devient beaucoup moins
évidente.
Mais il n'y a pas de comportement évident qui permettrait de
faire une étude complémentaire pour
démonter un coté prédictif. ( de toute
façon, après les résultats
précédents, il faudrait vraiment quelque chose de
visuellement évident pour que je fasse une étude
complémentaire).
Et un dernier titre en heure par heure avec un profil
totalement
différent (prix plus élevé et
volatilité bien plus faible) : Air Liquide

La encore, la corrélation est assez
évidente.
L'écart est toujours de l'ordre de 130 barres sur les 5000
totales alors que la tendance est prolongée.
Conclusion :
La première évidence est que quelque
soit la
périodicité des observations, sur un
échantillon important, l'écart peut atteindre 5
ou 6% dans des périodes de tendances fortes mais qu'il est
en général très faible.
Ensuite, il n'est pas possible de contester que l'évolution
de cet écart est une conséquence de
l'évolution des cours et qu'il serait totalement illusoire
de vouloir prétendre le contraire.
Mon plus grand regret avec l'analyse technique c'est qu'on a
tendance
à mélanger la présence du hasard, les
causes et les conséquences. Si on parvient à
faire le trie, il reste souvent bien moins de quantité
d'informations pertinentes que ce qu'on est prêt à
accepter.

