L'overnight ami ou ennemie du trader
Une journée de bourse se décompose en 2
parties bien distinctes :
Celle ou le marché est ouvert et on les
opérateurs peuvent faire des opérations
Celle ou le marché est fermé ou les
opérateurs ne peuvent faire des opérations que
sur un nombre réduit de produit parmi ceux là
l’indice Cac coté sur le globex un
marché électronique.
Le postulat de départ qui guide tous les daytraders est
qu’il est dangereux de garder ces positions en overnight
(pendant la partie de la journée ou on ne cote pas) puisque
le marché peut ouvrir en crise le lendemain.
Effectivement ces faits sont inattaquables si on se cantonne
à l’examen des quelques ouverture à
–3 ou –5% depuis 25 ans.
Pourtant une analyse plus poussée des comportements de
marché met sérieusement en doute le bien
fondé d’une telle approche.
Pour en parler, utilisons d’abord l’observation la
plus élémentaire : le comportement du
marché dans ces phases là de la
journée.
Pour pouvoir comparer des périodes identiques je vais lisser
les résultats sur 100 jours ce qui permet de lisser les
observations.
Pour faire cette observation je vais afficher un calcul très
simple :
Dans un premier temps je vais examiner les mouvements de la
journée (de l’ouverture à la
clôture).
Et dans un deuxième temps les mouvements hors
séances (de la clôture à
l’ouverture suivante).
Puis j’additionne ces performances sur 100 jours pour pouvoir
les comparer.
J’aurais pu exprimer ces comportements en pourcentage mais
j’ai préféré conserver une
lecture en point puisque ce qui nous intéresse
c’est de comparer l’un par rapport à
l’autre.
Voilà ce que ca donne quand on le superpose avec le Cac :

En bleu le Cac (échelle de droite), en jaune les variations
hors séances cumulées sur 100 jours et en violet,
les variations en séance cumulées sur 100 jours
(échelle de gauche)
Des faits :
Nous étudions ci dessus 3700 jour sur le marché
français.
Sur ces 3700 jours, dans 66% des cas, la courbe jaune qui correspond
aux variations hors séances est au-dessus de 0.
Par contre celle qui correspond aux variations pendant la
séance est au-dessus seulement 51% de la période.
Si j’additionne tous les mouvements hors séance
sur ces 3700 journées, le marché a
progressé de 4270 points soit plus que la variation de
l’indice sur cette période.
En séance, le marché a reculé de 1200
points en additionnant toutes ces journées.
L’observation des courbes nous apportent les
éléments suivants :
La courbe jaune en plus de passer plus de temps au-dessus de 0 descend
bien moins que la courbe violette.
Cela veut dire que sur 100 jours on a tendance à perdre bien
plus sur le marché en étant positionner
uniquement pendant la séance que si on se positionne hors
séance.
Il arrive même que pendant que le marché baisse
(en 2002) les mouvements hors séances cumulés
soit positif, alors que le marché baisse pendant la
journée.
Revenons quelques instants à ces ouvertures si dangereuse
pour les daytraders.
Il est très facile de dénombrer leurs occurrences
sur le marché :
Combien de fois le marché à ouvert en hausse ou
en baisse de plus de x% sur cette période de plus de 20 ans :
| Variation | Hausse | baisse |
| 1% | 264 | 249 |
| 2% | 34 | 38 |
| 3 % | 7 | 9 |
| 4% | 2 | 4 |
| 5% | 2 | 1 |
Même avec 1% cela représente 7% des fois,
c’est à dire 1 fois tous les 14 séances
(moins de 2 fois par mois).
En plus ces occurrences sont inégalement
réparties. Il y en a beaucoup quand le marché est
très volatile et il y en a très peu quand le
marché ne l’est pas.
Conclusion :
Je laisse à chacun le soin de faire sa conclusion.
Pour moi, il y a bien longtemps que je suis convaincu que se priver des
mouvements overnight c’est se priver d’une
très grande partie des mouvements du marché.
En plus quand on fait le diagnostique ci dessus que les
séances sont bien plus baissière que les
mouvements hors séances et qu’on sait que les
daytraders passent beaucoup plus de temps à la hausse
qu’à la baisse, on se demande bien pourquoi ils
s’en privent.
Je pense qu’il vaudrait mieux faire des recherches sur les
effets de leviers inadaptés ou d’autres raisons
pour expliquer les dangers du daytrading plutôt que de
rejeter la faute sur ces trop fameuses ouvertures catastrophiques et
les positions overnight.
S’il ne fallait retenir qu’un chiffre :
Depuis 1992 hors séance le Cac a progressé de
4270 points alors que dans le même temps, pendant la
durée des séances il a perdu 1200 points.

