Est ce qu’il faut de la chance pour gagner en
bourse ?
Pas forcément. Il faut surtout
être prêt à réagir le jour ou
on aura de la malchance !
Chaque trader va un jour ou l’autre rencontrer une
période noire dans son trading. Ce ne sera pas à
ce moment là qu’il faudra
réfléchir à la meilleure
stratégie. Je suis convaincu que ce qui fait la
différence entre ceux qui réussissent en trading
et les autres, c’est leur façon de
régir dans l’adversité.
OBTENIR UN AVANTAGE SUR LE MARCHE
Souvent on pense que le plus difficile pour réussir
en bourse c’est de développer un avantage.
Sans avantage, trader c’est comme jouer au loto ou
à la roulette. Sauf qu’en bourse, les
intermédiaires sont bien plus gourmant que le casino ou la
française des jeux. Si l’un se contente du 0 et
l’autre de ne pas redistribuer tous les gains
misés, les intermédiaires financiers multiplient
les petites lignes pour faire fondre votre capital bien avant que vous
n’ayez risqué le moindre centime en
bourse.
Développer un avantage, c’est mettre en place une technique qui permet de faire mieux que le marché contre lequel on se bat.
De très nombreux traders sont convaincus qu’il suffit d’accompagner la tendance. Mais si cela aide à faire 20% quand le marché fait +20 ou souvent +25%, c’est aussi la route la plus sur vers une performance de –20% quand il fera –15%. Si l’on se base sur la conviction qu’à long terme la bourse ne peut que monter alors dans ce cas, nul besoin de faire du trading et de multiplier les risques de ne pas suivre le marché et les frais, mieux vaut choisir le tracker le moins cher, le courtier le meilleur marché et ne plus bouger.
Le trading, c’est bouger pour essayer de faire mieux
que le marché. On serait bien sur tous ravis de faire +50%
quand le Cac fait +18% mais l’objectif pour beaucoup de
trader c’est surtout de faire progresser son capital quelles
que soient les conditions de marché. Que le
marché fasse +15% ou –15% celui qui fait
croître son capital, même de 4 ou 5%, fait toujours
mieux que le meilleur produit disponible sur le marché.
D’ailleurs si c’était si facile de faire
mieux, vous ne croyez pas qu’il y aurait une myriade de
produit pour vous offrir ce rendement ? Ce n’est pas
l’objet de ce papier mais ca ne fait pas de mal de se
confronter à la réalité au moins une
fois dans l’année.
Alors pour faire rêver puisqu’il n’y a
que cela qui retient l’attention, admettons que nous avons
développé une méthode qui vous permet
de faire une performance de +30% chaque année.
Vous croyez avoir fait le plus dur ?
Pas tout à fait. Maintenant que vous avez la méthode, il va falloir la suivre. Le premier ennemi, c’est soit même. Pour illustrer cette partie je vous invite à lire l’excellent article de mon éditeur qui relate notre expérience à vouloir battre Mister Robot, méthode qui a prouvé qu'elle détenait un avantage sur le Cac en cliquant ici.
Mais il y aussi un autre ennemi beaucoup plus sournois que l’on a tendance à sous estimer : le hasard. Oui : la chance ou la malchance peut aussi décider de votre avenir en bourse. Et vous auriez tord de l’ignorer, ce serait le premier pas vers la ruine.
C’est ce qu’on appel aussi la répartition aléatoire des gains et des pertes.
Prenons le cas ou vous avez su développer une méthode qui vous donne un avantage sur le marché. Cet avantage est quantifiable. Parmi les très nombreuses statistiques que vous avez pu tirer de l’observation de votre technique dans le passé retenons juste le taux de réussite. Si je suis ma méthode à la lettre, je vais parfois gagner et parfois perdre. Si c’est une bonne méthode, je vais gagner plus que ce que je ne vais perdre en moyenne pour que le résultat final soit positif. Or je viens d’inclure une notion fondamentale : j’ai dit en moyenne.
Cela sous-entend que c’est valable sur un nombre important de positions. Bien évidemment on ne pourrait pas dire cela de chaque position. Et c’est là ou mon amie la chance ou plutôt mon ennemi la malchance vient jouer les troubles fêtes dans mon scénario parfait qui doit m’amener vers la fortune.
Pour illustrer le problème, prenons un exemple concert.
Je prends une technique qui me donne un taux de réussite de 6 positions gagnantes sur 10. Je pars du principe que ce taux de réussite sera stable dans le future (on pourrait imaginer d’autre cas pour noircir le tableau). Si j’observe les 10 prochaines opérations que je vais faire avec ma technique, j’ai donc toute les chances que ma série de gain et perte soit la suivante : (les gains sont représentés par +1 et les pertes –1) :
+1,+1,-1,+1,+1,-1,-1,+1,+1,-1 ou encore -1,-1,+1,+1,+1,-1,+1,+1,-1,+1
Les combinaisons sont nombreuses. Parmi elle, on ne peut pas affirmer qu’une est plus probable que l’autre. Si j’ai déjà la chance d’avoir une méthode qui me donne une espérance de gain largement positif, je ne peux pas non plus lui demander d’être parfaite et ne jamais avoir de répartition des gains ou des pertes qui testera ma résistance. Un jour j’ai donc la probabilité d’avoir la série suivante :
+1,+1,+1,+1,+1,+1,-1,-1,-1,-1 ou bien que –1,-1,-1,-1,+1,+1,+1,+1,+1,+1
Et c’est là que les choses se compliquent sérieusement.
Comment va t’on réagir dans le dernier exemple après les 4 premières positions négatives ?
J’ai pris un exemple caricatural avec 10 positions.
Mais dans votre vie de trader, je peux vous assurer que vous allez
forcément un jour (ou même souvent) rencontrer une
situation de ce type là ou pire. Et plus que votre
méthode, que votre gestion du risque, cela va certainement
décider de vos performances à venir en trading.
Il n’y a pas de recette miracle.
La pire des solutions c’est que le nombre de position perdante soit élevé mais en plus que la taille de chacune de ces pertes soient historiquement fortes par rapport à vos habitudes. Vous perdez plusieurs fois d’affilé et vous perdez beaucoup.
Ensuite on peut faire l’hypothèse que
votre technique cesse de fonctionner (mais même dans ce cas
gardez à l’esprit qu’on ne passe pas du
tout au tout en quelques positions).
Et le meilleur des cas, c’est tout simplement que
vous êtes victime d’une mauvaise
répartition des pertes au fil du temps.
Pourquoi c’est le meilleur des cas ? Parce que la
suite de la série va compenser et rattraper la tendance
historique de votre méthode. Dans notre exemple, vous allez
avoir 6 gains après avoir eu 4 pertes. Alors que dans les
autres cas, le retour à la normale prendra beaucoup plus de
temps, ou tout simplement ne se fera pas.
Quand on s’appuie sur une méthode qui a
fait ses preuves et qui continuera à les faire, cette
mauvaise série s’appelle un drawdown.
C’est le montant maximum de perte de cette
méthode.
Quand on est totalement discrétionnaire, on appelle
ca une baisse de forme. Alors que le trader n’est
probablement pas en question.
La différence sur votre compte de trading va se
faire dans votre façon de réagir face
à un tel évènement.
La pire des solutions, c’est de ne pas assumer les
pertes. C’est de couper et d’arrêter le
trading après une telle série.
Prenons le cas ou c’est une véritable
mauvaise répartition avec une concentration des pertes au
fil du temps avant une concentration de gain. Si vous craquez et que
vous arrêtez temporairement le trading après la
série de perte, vous avez subit les pertes en position et
vous ne serez plus dedans lorsque les gains vont se
réaliser.
Si vous ne pouvez pas assumer une série
exceptionnelle de perte, c’est que vous êtes trop
exposé. Chaque trader dans sa vie va devoir passer au
travers de plusieurs périodes de pertes
concentrées. Il est très facile de subir les
pertes, il est beaucoup plus difficile de prendre les gains, tous les
gains.
C’est la raison pour laquelle le trading
systématique présente un avantage
considérable sur le trading décisionnaire.
Avant de passer un ordre, la machine ne
réfléchit pas, elle ne sait pas si elle vient de
perdre ou de gagner, elle ne sait pas si elle clôture une
position gagnante ou perdante, elle ne sait pas si elle
clôture une position gagnante de quelques centimes ou si au
contraire elle vient de faire une performance exceptionnelle en un seul
coup.
Même lorsqu’on possède une
technique dans laquelle on a confiance, ces décisions
doivent être mûrement
réfléchies.
En bourse, il est facile de perdre, mais très
difficile de gagner.
Je ne dois surtout pas me mettre dans une situation qui me
ferait manquer ces phases de gains. Mais je dois toujours avoir
à l’esprit que je dois protéger mon
capital, c’est mon seul outil de travail.
Conclusion :
On dit toujours que chaque trader aura probablement fait faillite au
moins une fois dans sa vie avant de réussir. C’est
simplement l’apprentissage que même avec la meilleure
technique le hasard a encore toute sa place et que nous devons toujours
prévoir la pire des situations quand nous choisissons notre
risque. Mais souvent l’avidité nous aveugle et nous
conduit tous vers la ruine au moins une fois.

