80% de taux de réussite sur le CAC 40 en 15 ans en
utilisant le RSI en indicateur de tendance !
Un des gros problèmes du RSI c'est son
utilisation en fonction de sa construction. Je m'explique : le Rsi est
un indicateur de vitesse. Il va haut quand le marché monte
beaucoup et il va bas quand le marché baisse beaucoup.
Or la théorie idéale c'est qu'il faudrait vendre
quand le RSI est haut et acheter quand il est bas.
Or si le Rsi est haut, c'est que le marché monte beaucoup,
donc qu'il y a beaucoup d'acheteur. Et donc même si le
marché doit parfois consolider, c'est plus une indication
que le marché est fort à la hausse que
réciproquement.
Je ne dis pas qu'il faut jeter toutes les observations classiques de Rsi, mais il faut néanmoins faire très attention avec ce genre de raisonnement un peu à l'inverse de la logique de marché.
C'est une des raisons pour laquelle quand je fais des tests
sur le Rsi,
j'essaie aussi de l'approcher sous une optique différente :
en indicateur de tendance.
L'idée c'est de dire qu'au lieu de déclencher une
vente quand le Rsi est haut, alors je déclenche un achat et
réciproquement.
J'ai présenté dans un autre article l'approche
d'un RSI dont les bornes sur achat et survente variaient en fonction du
niveau de volatilité. Vous allez me dire que si on suit
exactement la logique inverse de ce modèle, alors on va
droit à la ruine puisque celui-ci créait de la
valeur.
Mais comme l'idée est un peu différente il faut
aussi adapter les signaux.
Je vais donc tester le modèle suivant :
Quand le Rsi passe au dessus de l'écart type de sa moyenne, j'achète (le marché gagne en puissance) et je reste acheteur jusqu'à ce que le marché ne montre pas de signe de faiblesse. Cette faiblesse serait un Rsi qui passe sous sa bande de bollinger basse.
Pour le moment, je commence mon test avec des
paramètres
standards : RSI 14, moyenne 100 et bande de bollinger
éloigné de 1 écart type de chaque
coté.
Cela nous donne le signal suivant :

Sur 15 ans voilà le résultat théorique
avec l'equity curve :

Le résultat est intéressant car on distingue
nettement que le modèle se place dans le sens du
marché à l'origine des grandes tendances et qu'il
évite au moins partiellement les gros accidents.
Nous pouvons essayer d'affiner un peu les paramètres pour
voir si nous parvenons à générer plus
de gain.
Modifier l'écart type
Si on rapproche les écarts type, on intervient plus vite
dans un sens ou dans l'autre. Comme le marché est haussier
il n'y a pas de surprise de découvrir que si on touche
l'écart type en bas, on se prive souvent
d'opération gagnante, mais si on diminue l'écart
type du haut, on rentre un peu plus tôt et donc c'est
beaucoup plus profitable.
Par exemple avec le même Rsi, la même moyenne, 1
seul écart au dessus et 2 en dessous :

Le résultat est très intéressant car
avec un capital multiplié par 2.3 quand le Cac ne fait que
1.6 et surtout seulement 3 opérations en 15 ans, nous
voilà avec un modèle réellement
à approfondir.
Modifier la durée du RSI et de sa moyenne
La modification du Rsi entraîne très peu de
changement contrairement avec les modèles
précédents.
Seule la durée de la moyenne à un impact
significatif mais les résultats ne s'améliorent
pas. Si on réduit de beaucoup la moyenne, les
résultats sont nettement moins bons et si on
réduit qu'un peu l'impact n'est pas significatif.
C'est comme si les paramètres standard étaient le
meilleur couple de paramètres.
Mettre un stop ?
Il subsiste cette forte baisse pendant la période 2000
à 2002 qui est problématique. Est ce qu'on ne
peut pas la diminuer un peu en mettant un stop ?

Comme d'habitude. Si le stop diminue les pertes dans la phase de
baisse, il prive aussi de gains importants dans les marchés
haussiers.
Avec un stop à 5% l'écart de performance n'est
pas très élevé et peut être
qu'il vaut mieux dormir avec une perte maximale de 5 % (plus
l'écart en clôture au moment du
déclenchement du stop). Les tests sur actions vont
rapidement nous dire si c'est une exception (le fruit du hasard) ou si
on peut garder cette règle.
Chaque fois que je teste un stop, je test aussi le résultat
en fonction du gain maximum. C'est l'inverse du stop. C'est
à dire qu'au lieu de couper quand je perds avec ma position
plus de x%, je coupe dès que je gagne plus de x%. On appelle
cette approche, une sortie sur objectif de profit (le fameux " profit
target ").
C'est rarement intéressant. Mais je le fais toujours par
acquis de conscience.
UNE ENORME SURPRISE
Avec une prise systématique de
bénéfice au-delà de 2% :

Les résultats sont très intéressants.
On bat à peine la performance globale si on ne met pas
d'objectif de gain mais l'equity curve est beaucoup plus
régulière. Le nombre d'opération
grimpe en flèche puisqu'on coupe sa position à
chaque gain, mais avec 111 opérations en 15 ans cela reste
très faisable.
Et surtout avec un taux de réussite de plus de 80% c'est un modèle confortable pour ceux qui n'aiment pas perdre souvent.
Bien sur rien n'est parfait et dans la première
partie du
graphique les gains sont un peu moins forts que si on ne met pas
d'objectif.
Pourquoi un tel résultat ?
En fait il se trouve que ce modèle est un excellent signal
d'entrée en position mais que souvent c'est la sortie qui va
pécher. Alors en fixant une prise de
bénéfice rapide après la prise de
position, on ne souffre pas des défauts de la sortie de
position.
Tests sur actions
Sur accor sans prendre ses gains :

La performance est positive sans être remarquable.
puis sur Agf :

La performance est très intéressante puisque ce
modèle nous a permis de multiplier sa position par 6 alors
que le titre a un peu plus que doublé.
Sur les 40 valeurs du Cac, ce modèle gagne 33 fois. Seuls 7
titres ne gagnent pas. A chaque fois la raison est la même,
les premiers temps sont tellement baissiers que le modèle ne
limite pas assez la casse pour se refaire par la suite.
Voici par exemple le plus évident avec Thomson :

Le modèle n'a pas assez d'ancienneté des cours
pour prendre des positions dans la hausse de 2000. Dans le
marché baissier, il va accumuler ses pertes. Par la suite,
la situation sera trop dégradée pour qu'il
parvienne à rétablir les choses.
Même conclusion pour toutes les actions
C'est un modèle très efficace dans les
marchés haussiers et pour initier des positions.
Dans les marchés baissiers, il ne peut pas éviter
les accidents.
Globalement les performances sont extrêmement prometteuses
surtout sur des titres qui n'ont pas eu leurs cours divisés
par plus de 3 dans la période 2000 à 2003.
Autre test, avec un objectif de gains fixes de 3%
Puisque les titres sont un peu plus volatiles que le Cac j'ai pris les
gains lors d'une clôture au delà de 3% de la prise
de position.
Il n'y a plus que 4 titres sur les 40 du Cac qui
perdent de l'argent.
En plus, sur tous les titres, cette stratégie a un taux de
réussite au minimum de 75 % !!!
Pour les valeurs perdantes, il s'agit juste de quelques positions
à des moments particulièrement destructeurs qui
entraînent les pertes. Le taux de réussite de plus
de 75% reste néanmoins valable là aussi. Du coup
en mettant un stop sur ces valeurs, on parvient à gagner de
l'argent alors que sans, on avait un résultat catastrophique.
Conclusion, le Rsi et ses bandes de bollinger en tendance constitue un des meilleurs signaux d'entrée en position que j'ai rencontré sur les actions.

