grattage

Une observation ingénieuse qui va nous permettre de vérifier que les conditions de marché sont optimales pour le trading court terme et donc pour l’Espagnol !

Par Samuel Rondot.

Pour celui qui n’a pas l’habitude, il n’y a rien qui ressemble plus au graphique d’une journée de cotation qu’une autre journée de cotation.
Celui qui a un peu plus d’expérience sait qu’il y a 2 types de marchés principaux avec des phases d’accélérations et des périodes de congestions.
Il reste celui qui fait du trading depuis longtemps qui sait qu’il y a en fait bien plus de sous catégorie et que parfois le marché fait des choses qu’on n’a jamais vu, ou au contraire, qu’il y a certains comportements qui ont disparu pour certains depuis plusieurs années.

Tout l’intérêt de savoir quelle type de journée de trading nous allons avoir est que en fonction des conditions de marché, certaines techniques fonctionnent mieux que d’autres.
Par exemple, si je grossis le trait, il est inutile de trader avec une logique de tendance lorsque le marché n’a aucune volatilité.

Le problème, c’est que pour le moment personne n’a vraiment trouvé de solution pour prédire avec une chance plus importante que le hasard ce que seront les conditions de trading pour telle ou telle journée.
Mais sans aller plus loin, un autre problème c’est que souvent on ressent des choses mais qu’on ne parvient pas à les matérialiser ou les démontrer de manière suffisamment efficace pour en tirer un avantage.

Prenons par exemple le cas de la volatilité.
Il est évident qu’en 2005 et 2006, le marché a affiché des niveaux de volatilités historiquement faible. Si on utilise le calcul de la volatilité historique, il faut remonter à 1996 pour trouver des périodes aussi ennuyeuses que celle là.
Pour autant le calcul de la volatilité se fait sur une durée assez longue et il y a une inertie dans cette observation. Il faut donc qu’on observe un changement significatif sur une durée assez longue pour dire que la volatilité est revenue. De plus, cette observation est trop floue pour qu’on puisse dire de manière certaine que la volatilité est revenue durablement.

Alors est ce que nous aurions une autre solution pour comparer les conditions de marché sur une période longue et dire que telle ou telle phase est unique en son genre ?

La plupart des indicateurs techniques ont besoin d’un certain recul pour vouloir dire quelque chose. Si je prend une moyenne mobile par exemple, si ma durée n’est pas supérieur à 10, je ne vais rien filtrer alors que c’est l’objectif de cette moyenne. C’est la même chose pour tous les indicateurs techniques. Le problème c’est que ce lissage amène autant d’inconvénients que d’avantages et tous ces outils ne nous aide pas à observer des choses précises sur le marché.
C’est la raison pour laquelle lorsque je veux observer des choses très précises sur les marchés, je le fais toujours à partir de la matière première, c’est à dire des cours eux même.

La meilleure solution pour observer la volatilité ponctuelle du marché, c’est donc d’observer l’écart entre le plus haut et le plus bas d’une séance de bourse.
S’il ne se passe presque rien pendant cette séance, l’écart sera très faible, si le marché est animé ou qu’il y a une tendance alors l’écart sera plus important.
Maintenant que j’ai décidé de travailler sur cet écart, il faut que je l’exprime de manière constante.  Comme mon étude va porter sur plus de 10 ans, si je n’exprime pas cet écart en pourcentage, je ne pourrai pas comparer ce qui se passe en 2003 quand le Cac vaut à peine 3000 points ou en 2000 quand il en vaut 6000 par exemple.

Passons à cette observation à proprement dite :

A votre avis, entre le 1er janvier 1998 et le 1er janvier 2004, combien de journée sur le CAC40 n’ont pas dépassé 0.7% entre le plus haut et le plus bas ?

Il y a eu 6 Noël, période réputée calme, à cette époque comme aujourd’hui quelques jours par an ou les marchés US sont fériés pendant que Paris cote et tous ces jours ou le marché ne fait rien.
Alors combien ?

Une seule : le 7 juillet 2003 !

Pourquoi ca serait si étonnant ? C’est si fréquent depuis ?

Jugez plutôt : Après le 1er janvier 2004, c’est arrivé 182 fois. C’est environ une fois par semaine sur cette période là.
Non seulement ca arrive souvent, mais avec une grande régularité. Depuis le 1er janvier 2004, il n’y a eu que 4 fois ou il n’y a pas eu une journée aussi calme sur une période de 15 jours.

Le calme c’est l’ennemi du trader. Quand le marché ne fait rien on ne peut pas gagner.

Et si on avait mangé notre pain noir ?

Entre le 1er janvier 2004 et le 1er juillet 2007, 175 journées ont eu un range inférieur à 0.7%.
Mais depuis, il n’y en a eu que 6 !
Et surtout depuis le 1er janvier 2008, il n’y en a eu aucune. Exactement comme aux plus belles heures de la volatilité entre 1998 et 2003.

Bien évidemment la volatilité n’a pas que des avantages en trading. Elle amène aussi dans ces bagages mouvements erratiques, mouvements violent, et autres accidents qui peuvent en quelques minutes ruiner les efforts de plusieurs mois. Mais le plus important c’est quand même de pouvoir exprimer son trading. Si le marché ne bouge pas, je n’ai aucune chance de gagner. Si le marché bouge trop, à moi d’utiliser les bons outils pour tirer partie de la volatilité et ne pas me faire manger par les accidents.

L’Espagnol est une technique de tendance particulièrement adaptée aux marchés animés.
Cette philosophie de trading s’articule autour de la gestion du risque. Pas besoin de stop, c’est en suivant la logique de l’Espagnol qu’on va couper ses positions !
Quand on sait que mon ami a fait ses choux gras lorsque le marché était au plus calme, imaginez ce que la technique nous réserve pour les prochains mois si le retour de la volatilité se confirme.

Surveillez bien ces séances qui ne dépassent pas 0.7% de range entre le plus haut et le plus bas. Moins il y en aura, plus il y a de chance qu’on gagne vraiment beaucoup avec cette technique comme depuis le mois de juillet dernier ou les gains s’accumulent rapidement.